La Corniche Oranaise                                            

 

 

 

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Un rêve : Voyage à Arzew,

 

 

 

Depuis des années nous en parlions sans jamais le mettre à exécution, parce qu’il y avait tant de choses à construire, les enfants à élever, sa vie professionnelle à mener et puis vint l’âge ou l’on a besoin de regarder derrière soi, ce passé qui nous a construit, et porté ne demande qu’à ressurgir, il n’était pas loin dans notre mémoire, nous l’entretenions par des rencontres .

 

Il faut quelque fois peu de choses pour se décider, par la magie d’internet, nous sommes entrés en relation avec une Algérienne résidant à Arzew , et de messages en messages, elle a su par ses mots, nous donner envie  et mettre en place ce projet de retour vers le pays de l’enfance.

 

Tout s’enclenche après, et bien plus vite qu’on  ne le croit,  nous sommes rapidement portés et même emportés par la famille, les amis et il ne nous reste plus qu’à finaliser le voyage.
L’administratif n’est pas lourd à gérer, au consulat nous avions l’impression d’être déjà à Arzew, et tout nous a été facilité, avec déjà des bienvenues avant d’être parties.
Reste à ce moment là le plus dur à gérer, l’impatience qui nous gagne, l’euphorie qui nous envahit, les nuages sur lesquels nous sommes posés.

Arrive le jour « J », l’attente à l’aéroport par retard de l’avion, la peur de cette machine qui vous emporte dans les airs, tout cela est vite balayés quand sous nos pieds après une heure et demie de voyage, nous découvrons Arzew, tout illuminé, il ne fait pas encore trop nuit, entre chiens et loups comme on dit, nous distinguons rapidement ces torchères dont nous avons tant entendu parlés, que de constructions… allons nous être déçus, nous vivons là des sentiments contradictoires le bonheur, la crainte de salir notre mémoire et pourtant le besoin d’y aller coûte que coûte.

 

Voilà nous y sommes sur cette terre que nous aimons et aimerons jusqu’à notre dernier souffle, nous faisons connaissance avec la famille qui nous héberge, de suite le contact se fait,

Nous nous sentons déjà chez nous. Nous partons de la Sénia jusqu’au village, même dans la nuit nous essayons de reconnaître quelque chose mais c’est difficile, des chantiers en cours, des immeubles ont poussé comme des champignons, Arzew qu’es-tu devenu disons nous au fond de nous même, mais demain sera un autre jour, et toute la semaine qui va s’écouler sera pour nous que du bonheur.

 

Samedi matin, nous sortons de l’hôtel, construit sur le petit champs face aux HBM, il fait beau pas encore chaud, nous sommes bien, le sac à dos, à nous les rues d’Arzew, à nous la redécouverte de notre village perdu, nous vous sentons tous comme prés de vous, c’est un voyage à deux, avec un accompagnement collectif . Comment ne pas vous nommer chaque fois que nous passons devant chez vous.
C’est pour Francis et moi un choc à la vue de ces rues grouillantes de monde, de ses magasins

Fleurissants à toutes les portes, nous nous tenons la main pour mieux nous soutenir, nous avançons et avons peur de ce que nous allons trouver.
Oui Arzew a changé, pas toujours en bien, nous sommes obligés de nous arrêter et nous poser la question, c’était quoi avant ? des étages sont construits là où il n’y avait qu’une maison, des devantures de commerces nouveaux  ou transformées  partout dans toutes les rues laissent témoigner d’un  flux commercial important.

 

Mais nous subissons le charme de ce village, et toutes critiques s’éloignent de nous pour ne faire place qu’au bonheur de marcher sur ces lieux qui nous ont vu grandir. La mer d’abord,

Oui c’est vrai  elle est comme capturée,  un muret avec une grille borde notre petite plage, impossible de tremper nos pieds, cette fermeture va de la base à la hauteur du cimetière, cela ne nous empêche pas de la respirer, elle est calme d’une belle couleur, quelques bateaux rident sa surface.

Le  1er quai les chalutiers et autres bateaux de pêche sont accostés, les filets sur le sol, les pêcheurs ravaudent au soleil, un vieux pêcheur nous interpelle, nous parle d’autrefois, sa mémoire est riche et vivace à notre grand plaisir.

 

La promenade sous les palmiers est là devant nous, les bancs des amoureux ont disparu, le sol a été rénové, mais l’esprit y demeure.

 

Le jardin Public, s’offre à nous portes grandes ouvertes, palmiers immenses qui nous saluent en remuant leurs palmes, bougainvilliers éclatants qui attirent l’œil, bassin aux poissons rouges qui n’a pas pris une ride, tout est là pour que nous nous sentions bien dans ce lieu de repos, nous ralentissons notre marche afin d’en profiter le plus possible.

 

La place c’est elle qui a le plus changée, plus grande puisque la surface ou il y avait l’église a été jointe pour former en couvrant la rue d’Isly , une seule et même place, décorée avec goût, un bassin et jet d’eau au milieu,  des pergolas à chaque coin rendent ce lieu très conviviale, même si dans notre mémoire c’était déjà une belle place, nous ne pouvons que constater qu’elle a embellie.

 

Tout  à coté le Cours Complémentaire, c’est pour moi l’endroit ou nos traces de l’enfance sont le plus visibles, pratiquement rien a bougé, et j’ai du me pincer quand je suis rentrée dans la classe, tellement je croyais rêver !!!

Il ne manquait que l’agitation que nous avions l’habitude d’apporter, nos jeux, nos rigolades, nos farces mêmes, nos mésaventures avec les professeurs pour que l’on se croie en 1962.

Les photos jointes pourront confirmer ce que j’écris.

 

La rue d’Isly qui nous paraissait très grande avec nos yeux d’enfants, est petite, pas très large, les taxis (400) vont et viennent dans un bruit de klaxons, impossible de marcher sur les trottoirs, les devantures des magasins y sont installées,  alors il faut jongler pour marcher, le code de la route inconnu à Arzew, sens interdits connaît pas, les clignotants inutiles…

Nous reconnaissons tout les commerces d’autrefois à travers ceux d’aujourd’hui,  Mr Luc, son bazar existe toujours, mais sous forme de 2 magasins, le coiffeur Cécilio c’est un restaurant, le bar Schmitt est fermé, beaucoup de bureaux de tabacs et journaux, en grande quantité des bijouteries, celle de Mr NEGRE aurait pâle figure maintenant.

 

Rue d’Enfer, Rue St Louis, et toutes les autres vous portaient d’autres noms, mais nous vous avons deviné, avec surprise souvent, mais restait toujours un petit détail pour raviver notre mémoire.

 

J’ai eu la chance de pouvoir rentrer dans mon ancienne maison, accueillie  avec chaleur par la famille qui l’occupe, invitée par cette même famille pour boire le thé, leur salon était la chambre de ma grand-mère, je ne me lassais pas de regarder ce sol identique à autrefois et je pensais à ma famille. par la porte entrouverte je voyais la cour, et je n’ai pu retenir les larmes

Qui coulaient, larmes de souvenirs qui se collaient au décor.

 

Une visite à la Mairie a été pour nous un moment fort, d’adjoints nous écoutant  raconter, le pourquoi de ce séjour,  surpris de ce que nous ressentions, et ce mettant à notre disposition pour que cette semaine se passe le mieux possible.

Nous étions tellement chargés d’amour, que rien ne pouvait nous arriver, cela devait se voir sur nos visages, et provoquait chez l’autre le besoin d’y répondre.

Le Maire nous fit l’honneur de nous recevoir, en dégustant le thé, nous avons échangé des souvenirs, et même des anecdotes de notre jeunesse. Nous sommes repartis avec en cadeau de Mr Le Maire les armoiries de la ville, offrande qui nous a touchés, nous étions à ce moment là loin de tout ce qui été imaginable pour nous dans ce voyage.
Nous sommes porteurs à la demande de la municipalité, et des arzewiens d’un message :

Celui de porter cette flamme que nous avions avec nous pour vous donner à tous l’envie d’y retourner et de le faire. Nous attendons les pieds noirs, phrase mainte fois répétée par tous.

 

Ce voyage s’est passé du 110604 au 180604, et déjà nous pensons au prochain que nous referons à Arzew.