La Corniche oranaise

Cet
été-là
Quand
une pluie d’obus a commencé de s’abattre sur la rade
Les
humbles populations de Mers El Kébir se sont tournées vers toi
Elles
t’ont priée de les épargner sous leur mince abri de brique
Sauver
sous le fragile mortier femmes , enfants, adultes désarmés
Alors
de tes mains ouvertes tu as contenu le déluge de feu
Posées
sur le front des « marsouins » agenouillés devant le port
Ils
n’ont pas connu ,eux, le sort de ces guerriers embarqués
Condamnés
à périr dans un cercueil d’acier au fond de la mer
Cet
été-là
Quand
le feu a ravagé la terre des ancêtres et la maison natale
Quand
le sang de tant d’innocents a coulé rougissant la baie
Quand
Dieu semblait dans la tourmente avoir oublié les siens
Tout
espoir de protection divine abandonné, ils sont partis
Et
drapée de ta blanche virginité tu es restée toute seule
Les
mains ouvertes sans défense devant l’insulte barbare
Les
yeux fermés devant le sacrilège …quand un marin
Dans
sa piété a eu le geste salutaire de te tendre la main.
Aujourd’hui
Face
à l’écume du large tu te dresses sur un autre Cap
Mais
tes protégés et leurs enfants savent que tu regardes
Vers
les tombes de ceux qui sous les gerbes de feu comme
Sous
la mitraille sont à jamais séparés de nous , de toi…
François
Gonzalez