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3 JUILLET 1940 : ARRIVÉE DE LA ROYAL NAVY
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A l’aube de ce jour tragique, les Anglais
s’emparent par la force des navires français se trouvant dans les ports de
Portsmouth, Plymouth, Falmouth et Sheerness. Pendant ce temps, partie la veille
en fin de soirée de Gibraltar, la Force H de la Royal Navy, aux ordres de
l’amiral Somerville, approche de Mers-el-Kebir ; elle est signalée vers
8 heures au large du Cap Falcon par les sémaphores ; ce déplacement peut
faire penser qu’elle se dirige vers Malte, mais en fait, assez vite, les unités
anglaises prennent position au large de la rade de
Mers-el-Kebir.
La Force H se compose du plus grand cuirassé
du monde, le Hood, avec ses 45.000 tonneaux de déplacement et ses 8 pièces de
406 mm, des cuirassés Resolution et Valiant, des croiseurs légers Arethusa et
Enterprise et d’ une douzaine de contre-torpilleurs et torpilleurs ; elle
est accompagnée d’un porte-avions, l’Ark Royal, doté de 54 appareils.
Le Hood
Fairey Swordfish
Vers 10 heures, une vedette quitte le
navire-amiral Hood, pavillon au vent, cingle vers la rade, franchit la digue et
les dispositifs de protection, et vient accoster à la coupée du Dunkerque,
pour remettre à l’ amiral Gensoul l’ultimatum britannique.
Le Chef de l’escadre française est sommé
de choisir l’une des solutions suivantes :
-
rallier la Royal Navy dans sa lutte contre
l’Allemagne
-
conduire la Flotte aux Antilles ( ou dans
un port américain ) où elle sera désarmée
-
saborder l’ensemble des navires sur place
En cas de refus, les navires anglais
ouvriront le feu sur la flotte française pour la détruire,
L’émissaire
anglais porteur de l’ultimatum est reçu
à bord du Dunkerque
La vedette anglaise repart vers le navire amiral
La réponse de l’amiral Gensoul est catégorique,
« les navires sont français » et
donc ils ne recevront d’
ordres que du gouvernement français. Ce dernier, informé, répondra vers 12h
« à la force, vous répondrez par la
force » et donne l’ordre aux escadres de Toulon et d’ Alger de se
porter au secours de Mers-el-Kebir ( message qui, selon certains historiens,
aurait été intercepté par les Anglais, excluant dès lors tout sursis supplémentaire
dans la négociation).
Dans l’après-midi, vers 14 h 30, la vedette ramènera l’émissaire britannique vers le Dunkerque. Dans une dernière tentative, en s’efforçant de concilier honneur et devoir, il propose à l’état-major de rallier les forces navales gaullistes et promet que les bâtiments resteront sous contrôle français. L’amiral Gensoul décline cette ultime offre, et s’adressant à l’officier anglais qui lui exprime son « regret de devoir tirer sur vos couleurs », répond : « Faites votre devoir comme je ferai le mien ».