| 3 JUILLET 1940 |
Pour
chaque Oranais, que de merveilleux souvenirs, partagés en famille et avec les
amis, restent attachés à la Corniche oranaise, de Ste-Clotilde aux Andalouses
…..
Et
pourtant, notre Corniche connut aussi des heures tragiques, notamment ce 3
juillet 1940, qui vit périr dans les eaux du port de Mers-el-Kébir près de 1300 marins français, pris sous le déluge de feu
des pièces de marine de la Royal Navy.
Pour
mieux comprendre le contexte historique du drame de Mers-el-Kebir, un retour
chronologique sur Juin 1940 s’impose :
·
C’est
en juin 1940 que la « Campagne de France » s’achève de façon
dramatique, autour de Dunkerque, par un repli massif de près de 340.000 hommes,
évacués par les marines britannique et française.
·
14
juin : les Allemands entrent à Paris, le gouvernement français, dirigé
par Paul Reynaud, quitte Tours pour Bordeaux.
·
16
juin : Pétain remplace Reynaud à la tête du gouvernement, dès le 17
juin, il demande l’armistice, qui sera signé avec les Allemands à Rethondes,
le 22 Juin, et avec les Italiens à Rome, le 24 Juin.
·
18
Juin : de Gaulle lance depuis Londres son appel au refus de l’armistice.
·
22
Juin : les Allemands occupant Paris, le gouvernement s’installe à Vichy.
·
23
Juin : les Anglais récusent le gouvernement Pétain.
Désormais
seuls face à la coalition Allemagne-Italie, les Anglais n’ont qu’une
hantise, voir la Flotte française, alors l’une des plus modernes au monde,
qui plus est toujours intacte, récupérée par les Allemands et les Italiens.
Ils ne croient pas au respect, par ceux-ci, des clauses navales (article 8) de
la convention d’armistice, clauses stipulant
que les bâtiments de la Flotte française seront d’abord désarmés
dans leurs ports d’attache respectifs, sous le contrôle des Allemands et des
Italiens, et qu’ils ne seront pas utilisés par les puissances de l’Axe pour
la guerre. Or pour les Anglais, la survie de la Grande-Bretagne passe par la maîtrise
des mers……
C’est
dans ce contexte que Churchill conçoit l’opération « Catapult »
dont le but est de prendre le contrôle, ou alors de détruire, la Flotte française
dont les unités sont disséminées dans des ports anglais, mais aussi à
Mers-el-Kebir, Alexandrie, Dakar.
Quelques amiraux anglais manifestèrent leur désaccord quant à la possible
destruction de la Flotte française par des bâtiments de la Royal Navy, mais
Churchill se montra intransigeant. L’opération « Catapult » fut
lancée le 27 Juin, d’abord dans les ports anglais, par la prise de force des
unités françaises qui y relâchaient ; puis le 3 juillet, à Alexandrie,
l’amiral Godfroy conclut un accord de désarmement de ses navires sur place,
le même jour avait lieu l’agression anglaise de Mers-el-Kebir, prolongée le
6 juillet par 3 raids aériens pour « achever » les bâtiments
encore opérationnels ; enfin le 8 juillet à Dakar, le cuirassé Richelieu
fut attaqué et endommagé par les appareils du porte-avions Hermes.